Aïda Muluneh

Trois femmes au visage peint en bleu, vêtues de robes bleues à volants, se tiennent debout dans une structure sombre ressemblant à un nid.

Créée par l'ambassadrice Canon Aïda Muluneh pour lutter contre la stigmatisation liée aux maladies tropicales négligées (MTN), et commandée par The END Fund, In the Valley of My Shadow reflète la peur, la solitude et l'isolement vécus par les personnes touchées. Même après la guérison, la stigmatisation peut continuer à avoir un impact durable. Photo prise avec un Canon EOS R5 (désormais remplacé par le Canon EOS R5 Mark II) équipé d'un objectif Canon EF 70-200mm f/2.8L IS II USM (désormais remplacé par le Canon RF 70-200mm F2.8L IS USM) à 70 mm, 1/15 s, f/11 et ISO 200. © Aïda Muluneh

Ambassadrice Canon, artiste et photographe éthiopienne, Aïda Muluneh est la fondatrice et directrice d'Addis Foto Fest, premier festival international de photographie d'Afrique de l'Est, ainsi que la fondatrice d'Africa Foto Fair en Côte d'Ivoire. Ses œuvres font partie des principales collections permanentes, notamment celles du Musée national d'art africain du Smithsonian et du Musée d'art moderne de New York (MoMA).

Animée par le désir de changer la façon dont le monde voit l'Afrique, la photojournaliste et photographe de beaux-arts réalise non seulement ses propres œuvres, mais elle forme et soutient également de nouveaux photographes. « Je me penche sur l'impact de la représentation faussée de l'Afrique à laquelle la photographie a contribué, sur la façon dont mon continent est perçu et sur la façon dont les personnes de couleur ont souvent été marginalisées par le regard étranger à l'échelle mondiale », explique Aïda. « Je ne cherche pas à sauver le monde, mais simplement à apporter ma contribution pour lutter contre le manque de diversité dans le monde de la photographie, et contre les stéréotypes négatifs que cela propage. »

Lieu : Abidjan, Côte d'Ivoire
Domaines de spécialité : photographie d'art, narration visuelle
Kit préféré :

Née en Éthiopie en 1974, Aïda a quitté le pays très jeune. Elle a passé son enfance au Yémen et à Chypre puis s'est installée au Canada en 1985 où elle a commencé à s'intéresser à la photographie au lycée. Après ses études à l'Université Howard de Washington D.C., dont elle est sortie diplômée en 2000 avec une spécialisation en cinéma, Aïda est devenue photojournaliste pour le Washington Post. Dans les années qui ont suivi, elle a consacré son temps libre à travailler sur des projets personnels et à explorer différents genres de photographie. En 2004, une sélection de ses œuvres a été acquise par la collection permanente du Musée national d'art africain de la Smithsonian Institution. « J'ai découvert un nouveau langage visuel qui m'a donné la liberté d'explorer une multitude de sujets qu'il m'était impossible d'approfondir à travers le photojournalisme », raconte-t-elle.

Une femme vêtue d'une longue cape rouge à capuche et le visage peint en blanc se tient debout à côté d'un tableau noir et pointe une illustration du cycle de vie d'une mouche.

The Barriers Within, également commandée par The END Fund, explore la manière dont les défis liés à la maladie sont façonnés non seulement par un manque d'accès aux traitements médicaux, mais aussi par un manque d'information. Elle examine le rôle de l'éducation dans la prévention et la manière dont les MTN peuvent limiter l'accès à l'éducation, créant ainsi un cercle vicieux aux conséquences sociales et économiques plus larges. Photo prise avec un Canon EOS R5 équipé d'un objectif Canon RF 24-105mm F4L IS USM à 53 mm, 1/25 s, f/16 et ISO 200. © Aïda Muluneh

En 2007, la créativité inédite d'Aïda lui a valu un premier trophée : le Prix de l'Union européenne à la biennale des Rencontres africaines de la photographie à Bamako, au Mali. « Mon travail constitue un journal visuel de mes expériences et de ma réflexion au fil des années, d'où mon choix du portrait : c'est une exploration de différents sujets à travers chaque modèle », nous dit-elle. « Je veux partager des récits humanistes, trouver les éléments qui rapprochent plutôt qu'ils créent des différences, et partager une perspective qui interroge notre propre humilité, quelles que soient nos origines. » Aïda a connu un succès supplémentaire en 2010, lorsqu'elle a été déclarée lauréate du Prix international de la photographie du CRAF à Spilimbergo, en Italie.

Plus tard dans l'année, Aïda a publié le livre Ethiopia: Past/Forward (Éthiopie : avant/après), et a lancé l'Addis Foto Fest, le premier festival international de photographie en Afrique de l'Est, qui se tient tous les deux ans à Addis-Abeba, en Éthiopie. « Je suis si fière de ce festival », raconte-t-elle. « J'enseigne la photographie depuis 2008, mais j'ai pris conscience qu'il ne s'agissait pas seulement d'apprendre à photographier mais aussi d'enseigner à ma communauté, à travers ce festival, l'application et les perspectives de la photographie. Au fil des années, j'ai commencé à comprendre que si nous voulons changer la façon dont le monde perçoit l'Afrique, nous devons développer de nouveaux talents africains par le biais de l'éducation. »

Représentations multiples de la même femme, vêtue d'une cape rose flottante et le visage peint en blanc, debout au milieu d'une série de colonnes d'un bleu vif.

Cette œuvre, intitulée They Know Me Not et créée pour l'exposition This Is Where I Am du Public Art Fund, rassemble plusieurs photographies de la même femme afin de représenter différentes facettes de l'identité. Photo prise avec un Canon EOS R5 équipé d'un objectif Canon RF 24-105mm F4L IS USM à 70 mm, 1/160 s, f/11 et ISO 200. © Aïda Muluneh

Une femme assise, vêtue d'une longue robe rouge foncé assortie d'une cape et d'un turban, se tient devant un fond bleu à motifs de feuilles et tient la tige d'une fleur.

Créée pour Bradford 2025 UK City of Culture, The Dew Dawn s'inspire de recherches menées sur la communauté caribéenne de Bradford et des parcours qui ont conduit ces personnes dans cette ville à la recherche d'une vie meilleure. Photo prise avec un Canon EOS R5 équipé d'un objectif Canon RF 70-200mm F2.8L IS USM à 70 mm, 1/160 s, f/11 et ISO 100. © Aïda Muluneh

Les œuvres d'Aïda ont été exposées à l'international et présentées dans des publications de premier plan, notamment The New York Times et Elle, ainsi que sur des plateformes médiatiques internationales telles que la BBC.

En 2019, elle est devenue la première femme noire à co-organiser l'exposition du prix Nobel de la paix ; elle y est revenue en 2020 en tant qu'artiste mandatée pour créer une série explorant la manière dont la faim a été utilisée comme arme de guerre à travers l'histoire. Depuis lors, elle n'a cessé d'élargir sa pratique artistique à travers des expositions internationales et des commandes, tout en faisant progresser l'enseignement de la photographie et les opportunités professionnelles à travers l'Afrique grâce à des initiatives telles que l'Africa Foto Fair.

Quelles sont vos techniques de travail habituelles ?

« Je photographie souvent en f/11, 1/125 s et ISO 100. J'utilise principalement des éclairages plats pour mettre en valeur l'élément graphique de la pièce, et j'efface toutes les ombres, sauf si elles sont intentionnelles. J'ai expérimenté à la fois avec l'éclairage de studio et la lumière naturelle, mais l'élément clé est de maintenir ces réglages afin d'aplatir l'image. »


En quoi votre travail d'artiste vous aide en tant que photographe ?

« J'ai été photographe en premier, et j'ai utilisé la photographie en tant qu'outil d'expression personnelle. Une grande partie de mon inspiration est basée sur mes différents projets de photojournalisme. Les deux domaines s'inspirent l'un de l'autre. »


Qu'essayez-vous de créer avec vos œuvres de beaux-arts ?

« Je cherche à créer des images qui peuvent être comprises, ou au moins entraîner une réflexion chez le spectateur, qu'importe sa classe sociale, son origine géographique ou son niveau d'éducation. Je ne suis pas le type de photographe qui théorise à outrance sur mon processus ou mon travail : si je ne parviens pas à créer un lien avec mon public, alors mon objectif n'a aucun intérêt. »


Comment dirigez-vous vos sujets ?

« Sur tous mes clichés, je maintiens un langage visuel uniforme. Je travaille souvent avec les mêmes modèles, et établir une relation avec elles est fondamental à la mise en scène. Par conséquent, mes méthodes évoluent en fonction de ma relation avec les modèles. »


Qu'envisagez-vous pour la suite de votre carrière de photographe ?

« En tant que titulaire d'un diplôme en cinéma de l'Université Howard, mon objectif ultime est de renouer avec mes racines et me pencher vers la réalisation. À chaque étape de ma carrière, mon objectif principal est d'expérimenter avec les images, fixes ou en mouvement. »


De quel équipement Canon ne pourriez-vous pas vous passer, et pourquoi ?

« Le Canon EOS R5 associé au Canon RF 24-105mm F4L IS USM est devenu un duo incontournable dans mon travail. Je travaille souvent sur des scènes soigneusement créées où la composition, les couleurs et les détails revêtent une grande importance, et l'EOS R5 m'offre la qualité d'image et la flexibilité dont j'ai besoin pour transposer ces idées dans la photographie finale. Le 24-105 mm me permet de passer de compositions plus larges à des cadrages plus intimes sans interrompre le rythme d'une séance photo. Le fait de disposer de l'imprimante Canon imagePROGRAF PRO-4100 dans notre studio me permet également de mener à bien ce processus, de la prise de vue au tirage final, ce qui me donne un meilleur contrôle sur les couleurs, les détails et la manière dont le travail est finalement présenté. »


Que pourrions-nous découvrir d'autre dans votre équipement qui vous aide à sublimer votre travail ?

« Mon carnet de croquis est toujours un élément important de mon processus. Mes photographies naissent souvent bien avant que je ne prenne l'appareil photo, à travers des notes, des dessins, des idées de couleurs, des symboles et des références qui se transforment progressivement en un concept visuel. Pour moi, l'appareil photo n'est qu'une partie d'un processus créatif bien plus vaste ; disposer d'un espace pour capturer et développer ces idées est donc tout aussi important que le matériel lui-même. »

Ce que je sais

Aïda Muluneh

« Les photographes débutants sont souvent impatients de se lancer dans la photographie de beaux-arts, alors qu'il est essentiel qu'ils développent tout d'abord leurs compétences narratives. J'ai commencé ma carrière en tant que photojournaliste, et il était important pour moi de savoir définir en premier lieu l'objectif de mon travail de photographe. Par la suite, lorsque j'ai commencé à travailler en studio, les compétences que j'avais acquises après des années de photojournalisme sont indéniablement devenues la base de mes projets artistiques. C'est pourquoi vous devez tout d'abord développer vos compétences techniques avant de trouver votre propre style. »

Site Web : aidamuluneh.com

Instagram : @aidamuluneh

LinkedIn : Aïda Muluneh

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