Comment décririez-vous votre style ?
« Au cours de mes séances photo "Un jour dans la vie", je passe jusqu'à 12 heures avec une famille, j'apprends à mieux les connaître afin de pouvoir montrer leur vraie personnalité. Contrairement aux séances de photo de famille traditionnelles posées, mon travail comporte de nombreuses couches. Je ne montre pas une version parfaite et irréaliste de mes familles, mais j'essaie de révéler leur vraie personnalité. Je veux montrer les parents fatigués qui sont encore capables de serrer leurs enfants dans leurs bras à la fin d'une journée bien remplie. Je veux comprendre la dynamique que chaque enfant apporte au groupe pour, au final, fournir une représentation authentique de la vie telle qu'elle est à ce moment-là et qui perdurera bien après que ce moment se soit estompé. »
Comment votre approche vous permet-elle de vous rapprocher de vos sujets ?
« Avant la séance photo, j'interroge les parents pour leur demander à quoi ressemble une journée normale dans la vie de leur famille. À peu de chose près, la réponse est la suivante : « Le samedi, on se lève à 9 heures, on prend le petit-déjeuner, on va au supermarché, on rend visite aux grands-parents, et puis on va faire une balade à vélo, avant de préparer le dîner ensemble. » Certaines familles sont surprises que je veuille être là pour tout capturer, mais c'est ma manière de mieux les comprendre, qui, je pense, transparaît dans mon travail. Lorsque la séance photo commence, tout le monde est généralement un peu sur les nerfs. Je me fonds dans le décor, je parle à tout le monde et j'apprends à les connaître. Je ne prends pas de photos pendant les 30 premières minutes, le temps que tout le monde se sente à l'aise en ma présence. Tout au long de la journée, nous mangeons ensemble, voyageons ensemble dans la même voiture et je deviens membre honoraire de la famille. Après quelques heures, ils ne s'aperçoivent même pas que je prends des photos et c'est là que la magie opère. J'accompagne parfois les familles en vacances et plutôt que de prendre des photos des lieux où elles se rendent, je me concentre plutôt sur leurs émotions et sur ce qu'elles ressentent en étant ensemble dans un endroit étranger. »
Quels sont les défis spécifiques à la photographie documentaire de famille ?
« La partie la plus difficile de mon travail est de faire en sorte que mes sujets se libèrent. Les familles font appel à moi parce qu'elles voient mon travail et aiment mon style, mais elles ont parfois du mal à me laisser le champ libre. Pour que je puisse capturer une émotion authentique, j'ai besoin que les gens fassent tomber leurs barrières et s'autorisent à être vulnérables en ma présence. De plus en plus de gens choisissent des séances de photo de famille sur le vif plutôt que des prises de vue posées parce qu'ils préfèrent l'authenticité qui s'en dégage lorsqu'on est à l'aise avec son photographe, mais parfois, il faut plus de temps que prévu pour que mes sujets se libèrent. »
De quel équipement Canon ne pourriez-vous pas vous passer, et pourquoi ?
« Ma combinaison idéale est le Canon EOS R6 Mark III équipé du Canon RF 35mm F1.4L VCM. Le 35 mm me permet de rester physiquement proche, en préservant ce sentiment d'intimité tout en intégrant l'environnement dans l'histoire. Les enfants sont merveilleusement imprévisibles et tout se passe très vite ; l'autofocus extraordinaire de l'EOS R6 Mark III me donne la confiance nécessaire pour suivre leur rythme et me concentrer sur ce qui compte vraiment : les liens, les émotions et ces instants fugaces qui ne peuvent être recréés. »
Que pourrions-nous découvrir d'autre dans votre équipement qui vous aide à sublimer votre travail ?
« Sortir sans appareil photo, c'est un peu comme quitter la maison toute nue, et c'est pourquoi mon Canon EOS R8 équipé du Canon RF 35mm F1.8 MACRO IS STM est devenu mon kit de survie : petit, léger et presque toujours accroché à moi, même pendant les vacances en famille. Mon mari me rappelle régulièrement que les vacances sont censées être synonymes de repos. Ma réponse est toujours la même : ce n'est pas du travail, c'est une thérapie ! La photographie de rue nourrit ma curiosité. Elle m'amène à observer, à réagir, à expérimenter et à repousser mes limites sans les contraintes d'une séance commandée. Elle entraîne mon œil à remarquer les petits détails : la lumière, les gestes, les superpositions et ces instants fugaces qui disparaissent en quelques secondes. »